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Allemagne Iran Afghanistan procès diplomatie armée espionnage,PREV January 20 2020 - 6:02 AM

Espionnnage pour l'Iran: un traducteur de l'armée allemande en procès (PAPIER GENERAL) Par Isabelle LE PAGE Berlin, 20 jan 2020 (AFP) - La justice allemande entame lundi un procès pour "trahison" d'un ancien traducteur germano-afghan de l'armée, accusé d'espionnage au profit de l'Iran. L'homme, identifié comme Abdul S., 51 ans, est soupçonné de "trahison dans un cas particulièrement grave et violation de secrets professionnels dans 18 cas", indique le tribunal de grande instance de Coblence (centre-ouest), où se déroule l'audience. Il risque la perpétuité, soit au moins 15 ans de prison en Allemagne. L'intéressé, incarcéré depuis un peu plus d'un an, "ne s'est jusqu'à présent pas exprimé concrètement sur les faits reprochés", selon le tribunal. Son épouse de 40 ans, Asiea S., sera jugée avec lui, sous l'accusation de "complicité de trahison", pour avoir "dès le début soutenu son mari" dans ses actions illégales présumées, ce qui peut lui valoir une peine maximum de onze ans de prison. La justice s'est montrée jusqu'ici très avare de détails, car la procédure est soumise au secret d'Etat. Une partie du procès, qui doit durer jusqu'à fin mars, devrait ainsi avoir lieu à huis clos. - Secrets d'Etat - "Il faut s'attendre à ce que les accusations concrètes soient discutées lors d'audiences non publiques", a déclaré à l'AFP une porte-parole du tribunal. L'accusé, détenteur de la double nationalité allemande et afghane, est soupçonné d'avoir, en sa qualité de traducteur employé par l'armée allemande, "transféré des secrets d'Etat à caractère militaire à des collaborateurs du service du renseignement iranien", selon l'acte d'accusation du parquet fédéral, compétent dans les affaires de terrorisme et d'espionnage. Employé comme civil, il travaillait depuis de nombreuses années comme traducteur, mais aussi conseiller culturel et linguistique à la caserne Heinrich Hertz à Daun, près de Coblence. Selon le magazine Der Spiegel, le cas est particulièrement délicat pour la Bundeswehr car l'homme collaborait à une unité spécialisée dans la guerre électronique, pour laquelle il traduisait des enregistrements téléphoniques ou des messages radio des talibans interceptés en Afghanistan. Les enquêteurs jugent toutefois "peu probable qu'il ait pu faire passer des informations secrètes sur les troupes allemandes sur place". Averti par "un service secret allié", le service de contre-espionnage militaire allemand MAD a commencé à le soupçonner en 2017 d'être un informateur. Il avait remarqué que ses voyages dans certains pays européens coïncidaient avec ceux de responsables des services secrets iraniens. - Piégé - Pour le démasquer, ils lui ont donné accès à plusieurs documents soi-disant confidentiels, mais fabriqués de toutes pièces, qu'il se serait empressé de remettre à ses contacts, assure Der Spiegel. L'Iran est l'un des pays les plus actifs en matière d'espionnage dans le pays, aux côtés de la Russie et de la Chine, selon un rapport du renseignement intérieur allemand. Les services secrets iraniens sont "régulièrement à la recherche de sources appropriées pour couvrir les besoins d'informations du régime", souligne-t-il. Dans son passé récent, l'Allemagne a connu quelques affaires d'espionnage retentissantes. En 2016, Markus Reichel, un ex-agent des services secrets allemands, avait été condamné à 8 huit ans de prison pour "haute trahison" après avoir été reconnu coupable de collaboration avec la CIA et la Russie. En 2011, la justice avait aussi condamné à des peines de prison un couple marié soupçonné d'avoir espionné pour les services secrets russes pendant plus de 20 ans. ilp/ylf/thm/ybl

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