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Centrafrique armée violences diplomatie armées 2ELEAD,2ELEAD January 10 2019 - 8:11 PM

Centrafrique: vague de violences dans le centre et à Bangui (2ELEAD) ATTENTION - ajoute déclaration du gouvernement sur Bambari, rapport interne de l'ONU /// Bangui, 10 jan 2019 (AFP) - Au moins deux policiers ont été tués jeudi dans des affrontements entre l'armée et un groupe armé à Bambari (centre), au lendemain de violences à Bangui qui ont fait au moins six morts, selon le gouvernement. "Deux policiers ont été tués, et un autre a été blessé à Bambari", a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange-Maxime Kazagui. Trente "blessés par balles" ont été pris en charge par Médecins sans frontière (MSF) à l'hôpital de la ville, a indiqué l'ONG jeudi. Jeudi matin, "des éléments de l'UPC (Union pour la paix en Centrafrique, ndlr) et leurs alliés ont lancé diverses attaques dans la ville de Bambari", a indiqué le gouvernement dans un communiqué jeudi midi. La mission de l'ONU, la Minusca, "a envoyé des éléments vers le centre-ville", a précisé en début d'après-midi à l'AFP son porte-parole Vladimir Monteiro. "Bambari est libérée par les forces conjointes" de l'armée centrafricaine et de la Minusca, a annoncé le gouvernement sur les réseaux sociaux jeudi à 15H30 GMT. "Plusieurs éléments UPC neutralisés", a-t-il ajouté. Selon un rapport interne de l'ONU obtenu par l'AFP, le "général Bello", à la tête des éléments de l'UPC à Bambari, aurait été blessé lors des affrontements. Mercredi, des Casques bleus avaient déjà été "visés par des tirs" dans la ville, a-t-il ajouté. Bambari devait célébrer jeudi et vendredi la journée mondiale de l'alimentation en présence du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. Cet événement, originellement prévu le 16 octobre, avait déjà été reporté deux fois à cause des violences. Le gouvernement a suspendu les cérémonies. A Bangui mercredi, quatre personnes ont été tuées dans le quartier PK5 - qui abrite la majorité des musulmans de la capitale - par des hommes armés, en représailles de l'assassinat de deux commerçants peuls, selon M. Kazagui. Les deux "bergers peuls" ont été tués sur la route de Boali, en banlieue de Bangui. "Des gens ont lancé des grenades" dans leur camion qui transportait du bétail, selon le porte-parole du gouvernement. Leurs corps ont été emmenés à la mosquée Ali Babolo du PK5 mercredi soir, déclenchant les représailles qui ont fait au moins quatre morts dans le quartier, de même source. Dans le reste du pays, la ville de Bakouma (est) restait jeudi sous la coupe d'un autre groupe armé allié de l'UPC, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui s'en est emparé fin décembre. Le FPRC et l'UPC sont les deux principaux groupes armés issus de l'ex-rébellion Séléka, qui avait renversé le régime de François Bozizé en 2013. Batangafo a aussi été début janvier théâtre de violences, dans lesquelles un gardien d'une ONG a été tué, selon un rapport interne onusien. "La gravité de ces attaques est d'autant plus inacceptable qu'elles interviennent au lendemain d'un engagement définitif du gouvernement à dialoguer avec les groupes armés dans les plus brefs délais", selon le communiqué gouvernemental jeudi. Mercredi, M. Touadéra a annoncé que des pourparlers entre les autorités et les groupes armés rebelles, attendus depuis plusieurs mois, prendront place le 24 janvier au Soudan, sous égide de l'Union africaine (UA). Cette "initiative africaine", initiée en 2017 et très critiquée depuis ses débuts pour sa lenteur et son manque d'efficacité, reste soutenue par l'ONU et les principaux partenaires de Bangui. En Centrafrique, l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail. acp-cc-ah/thm

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