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France Australie défense industrie chantier naval entreprises February 21 2020 - 5:18 PM

Sous-marins australiens: le patron de Naval Group dénonce une "campagne malveillante" Paris, 21 fév 2020 (AFP) - Les accusations de retards, de surcoûts et les doutes prêtés en Australie à Naval Group sur sa volonté d'impliquer des entreprises locales dans la construction de 12 sous-marins résultent d'"une campagne malveillante", a dénoncé vendredi le patron de l'industriel naval de défense français. "Ces critiques sont totalement malveillantes et totalement infondées (...) Ceci est une campagne malveillante qui n'a aucune raison d'être", a déclaré le PDG Hervé Guillou lors d'une conférence de presse. "Nous sommes en train de travailler sur les modalités des transferts de technologies, nous sommes en train de construire un chantier à Adélaïde et les industriels eux-mêmes reconnaissent l'effort considérable que nous faisons", a plaidé Hervé Guillou. "Tout ceci se déroule normalement, il faut juste comprendre que nous sommes une entreprise du temps long, que ces transferts de technologies sont complexes parce que c'est de la haute technologie et que cela va prendre du temps", a-t-il ajouté. Le groupe français a été choisi en 2016 pour la conception et la construction de 12 sous-marins nouvelle génération, décrochant ainsi le "contrat du siècle" d'un montant colossal de 50 milliards de dollars australiens (35 milliards de dollars américains) sur 50 ans. Ces sous-marins, qui constitueront la future classe "Attack", sont une version modifiée et à propulsion conventionnelle des futurs sous-marins nucléaires d'attaque français de la classe Barracuda. Ils seront construits en Australie. Le contrat, qui doit créer 2.800 emplois en Australie et occuper 500 personnes en France, a été formalisé en février 2019 à l'occasion de la signature d'un "partenariat stratégique" entre Paris et Canberra. Ces dernières semaines, des critiques en Australie ont dénoncé une dérive des coûts et du calendrier, conduisant mi-janvier le ministère australien de la Défense à démentir qu'on lui ait conseillé de "rompre" avec Naval Group et que le calendrier d'une première livraison en 2032 était repoussé. Les critiques ont redoublé après que le président de la filiale australienne de Naval Group a jeté un pavé dans la mare en déclarant dans une interview que la part australienne dans les sous-marins pourrait être inférieure à 50% en raison de problèmes de sous-traitance locale. Dans un communiqué commun le 15 février, la ministre des Armées française Florence Parly et son homologue australienne Linda Reynolds ont réaffirmé leur "plein engagement envers le programme, son calendrier et la montée en charge des capacités industrielles australiennes". mra/tq/eb NAVAL GROUP

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