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Otan défense diplomatie USA Espagne Irak Terrorisme,PREV February 12 2020 - 10:27 PM

L'Otan prête à relayer la coalition antijihadiste, attend l'aval de Bagdad (PAPIER GENERAL) Par Christian SPILLMANN =(Photo)= Bruxelles, 12 fév 2020 (AFP) - Les membres de l'Otan se préparent à s'impliquer davantage en Irak, où les Américains ne sont plus les bienvenus, et attendent l'accord de Bagdad pour reprendre certaines missions assurées par la coalition antijihadiste dirigée par Washington. "Le principe de la reprise par l'Otan de certaines activités de formation menées par la coalition contre l'Etat islamique a été approuvé mercredi", a annoncé le secrétaire général de l'Organisation Jens Stoltenberg à l'issue d'une réunion avec les ministres de la défense de l'Alliance. "Tous les pays de l'Otan sont membres de la coalition", a-t-il rappelé. "Nous allons avoir vendredi une réunion à Munich en marge de la conférence sur la sécurité pour déterminer le nombre de troupes de la coalition affectées à la mission de l'Otan et le détail des activités qu'elles vont assumer". L'Otan a une mission de 500 personnes sous commandement canadien à Bagdad. Elle est chargée depuis 2018 de former et d'entrainer les forces irakiennes. L'Espagne sera le fer de lance de ce transfert avec le placement de ses troupes stationnées à Besmayah, près de Bagdad, sous l'autorité de l'Otan, a annoncé mercredi la ministre de la Défense Margarita Robles à son arrivée au siège de l'Alliance. L'Espagne a engagé 500 militaires dans la coalition internationale. Ses autres unités stationnées à Taji et sur la base de Al-Taqaddum, à 70 km de Bagdad resteront engagées dans la coalition antijihadiste, a-t-elle précisé. Mais il faut obtenir l'aval du gouvernement irakien pour permettre à la mission de l'Otan de reprendre les activités de formation confiées à la coalition, a-t-elle insisté. Or, cet accord promis par le Premier ministre Adel Abdel Mahdi n'a pas encore été donné. "Nous sommes en consultations", a assuré Jens Stoltenberg. Cet accord conditionne la reprise des activités de la mission de l'Otan. Elles ont été mises en sommeil le mois dernier, en même temps que les opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique dirigée par Washington. Cette situation fait suite à la décision du Parlement irakien de demander le départ des troupes étrangères pour protester contre l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani par une frappe de drone américain près de l'aéroport de Bagdad le 3 janvier. - Nouvel Afghanistan - Les discussion avec les autorités irakiennes bloquent à cause de leur volonté de faire référence dans leur accord au vote du Parlement irakien qui a condamné une "atteinte à sa souveraineté" après l'élimination du général Soleimani et dénoncé une coalition internationale ayant "outrepassé son mandat", a-t-on expliqué de sources diplomatiques. Cette demande est refusée par les Etats-Unis. "Il est très clair que sans une invitation correspondante de la partie irakienne - et cela vaut pour les deux missions (Otan et la coalition) - nous ne pouvons pas continuer notre travail en Irak", a averti la ministre allemande Annegret Kramp-Karrenbauer. Les alliés acceptent de s'impliquer davantage dans la mission de l'Otan à la condition qu'il ne s'agisse pas de missions de combat, a affirmé Margarita Robles. Il s'agit d'une ligne rouge, ont confirmé plusieurs délégations à Bruxelles. Les Américains veulent pour leur part rapidement reprendre les activités de la coalition, notamment la formation des forces spéciales irakiennes et les frappes contre les groupes liés à l'Etat islamique. "Nous devons continuer à former les forces irakiennes pour leur permettre d'assurer la sécurité sur leur territoire et éviter la résurgence de ce fléau", a souligné Jens Stoltenberg. La seule mission de l'Otan, dont les effectifs sont concentrés dans la région de Bagdad, ne pourra pas l'empêcher. La crainte est de voir l'Etat islamique se reconstituer dans le reste du pays où ses combattants seront face aux seules forces irakiennes. "Le risque est de se retrouver avec un nouvel Afghanistan", a confié un diplomate. csg/fmi/thm

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