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Syrie Turquie conflit Kurdes armée,PREV October 9 2019 - 5:30 PM

Syrie: les deux précédentes opérations de la Turquie (ENCADRE) Par Antoinette CHALABY-MOUALLA Paris, 9 oct 2019 (AFP) - L'offensive lancée mercredi par la Turquie dans le nord de la Syrie est la troisième opération militaire menée par Ankara contre les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) depuis 2016. Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, l'opération "Source de paix" vise les "terroristes" des YPG et du groupe Etat islamique (EI) et a pour objectif de mettre en place une "zone de sécurité" pour "permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays". - "Bouclier de l'Euphrate" - Le 24 août 2016, la Turquie lance l'opération militaire "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie, de l'autre côté de sa frontière. En quelques heures, des centaines de rebelles syriens appuyés par l'aviation et les chars turcs prennent la localité frontalière de Jarablos aux jihadistes de l'EI. Ankara affirme que l'opération vise à débarrasser la frontière à la fois des jihadistes de l'EI et des YPG. L'opération intervient quelques jours après un attentat attribué à l'EI qui a tué 54 civils à Gaziantep (sud-est). Ankara avait été jusque-là accusé de complaisance à l'égard des jihadistes, responsables de plusieurs attaques meurtrières en Turquie depuis 2015. Mais la Turquie veut aussi éviter la formation d'une zone autonome kurde continue le long de la frontière. Début août, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG et soutenues par la coalition emmenée par Washington, s'étaient emparées de Minbej, fief de l'EI, à 30 km de la frontière turque. Pour Ankara, les YPG sont le prolongement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en conflit depuis 1984 avec l'armée turque et considéré par Ankara comme une "organisation terroriste". En février 2017, l'armée turque annonce la prise d'Al-Bab, objectif final de l'opération selon Ankara et bastion de l'EI dans la province septentrionale d'Alep. La prise de cette ville permet à Ankara d'établir un tampon entre les différents territoires contrôlés dans le nord de la Syrie par des groupes kurdes. Fin mars, la Turquie annonce que son opération s'est "achevée avec succès". - "Rameau d'olivier" - Le 20 janvier 2018, la Turquie lance une offensive terrestre et aérienne baptisée "Rameau d'olivier" contre les YPG dans la région d'Afrine (nord-ouest), l'un des trois cantons de la région "fédérale" kurde autoproclamée en 2016. Le lendemain, des chars et des militaires turcs entrent dans la région d'Afrine. Le Premier ministre turc indique que l'objectif est d'établir une "zone de sécurité" d'une profondeur de 30 km à partir de la frontière. Le 18 mars, les forces turques et leurs supplétifs syriens prennent aux milices YPG l'ensemble d'Afrine. Selon l'ONU, la moitié des 320.000 habitants de l'enclave ont fui leurs foyers lors de l'offensive marquée par des pillages. Amnesty International exhorte la Turquie à mettre un terme aux "graves violations des droits de l'Homme" à Afrine, accusant la Turquie de "fermer les yeux" sur les exactions. Ankara a toujours démenti viser les populations, mais selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), près de 300 civils ont péri. L'opération a fait plus de 1.500 morts parmi les miliciens kurdes et 400 parmi les groupes syriens pro-Ankara, d'après l'OSDH. Quarante-cinq soldats turcs ont été tués, selon Ankara. acm/alc/vl

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