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conflit Burkina Coteivoire jihadistes armée sahel attaque,PREV 23 May 2020 - 18:55

Opération antijihadiste à la frontière Côte d'Ivoire-Burkina (PAPIER GENERAL) Par Armel BAILY à Ouagadougou, Patrick FORT et David ESNAULT à Abidjan Korhogo (Côte d'Ivoire), 23 mai 2020 (AFP) - Les armées ivoirienne et burkinabè mènent depuis plusieurs jours une opération conjointe dans le nord de la Côte d'Ivoire pour débusquer des jihadistes qui avaient trouvé refuge dans la zone, se jouant des frontières. Baptisée +Comoé+, du nom du fleuve qui traverse les deux pays, notamment dans cette zone, l'opération, présentée comme une première par les chefs d'état-major des deux pays, avait pour but de "déloger les jihadistes" du nord de la Côte d'Ivoire. L'action militaire, toujours "en cours", a produit "des résultats", selon une source ivoirienne. Aucun bilan de combat ou d'arrestations n'a été divulgué pour le moment. "A l'initiative de l'armée ivoirienne, une opération antiterroriste a eu lieu pendant plusieurs jours à la frontière. L'opération a permis de saisir des armes", a expliqué une source sécuritaire burkinabè. "Le Burkina Faso y a pris part avec une trentaine d'hommes, notamment sur le long de la frontière pour empêcher tout repli de l'ennemi", selon cette source, qui souligne que toute l'opération s'était déroulée en "territoire ivoirien". "Les deux armées se sont rassemblées. Il n'y a plus de possibilité de s'échapper. C'est cela qui nous a permis d'avoir des résultats tangibles. Nous n'allons pas nous arrêter en si bon chemin. C'est une première mais je peux vous assurer que ce ne sera pas la dernière", a affirmé à la presse le chef d'état-major burkinabè, le général Moïse Miningou, à l'issue d'une rencontre vendredi avec son homologue ivoirien en Côte d'Ivoire. "Il est nécessaire pour nous de nous unir pour faire face à la menace. Eux (les terroristes), ils ont réussi à le faire. Ils arrivent à se solidariser entre groupes armés terroristes. Si nous nous ne le faisons pas évidement, on perdra la guerre", a commenté le chef d'état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia. Les deux hommes se sont rendus sur le théatre des opérations, de sources concordantes. - soldat blessé, gendarme arrêté - L'opération qui a commencé au début du mois de mai s'est déroulée au nord-est de Ferkessedougou, près de Sangopari, un petit village connu car l'ancien chef de la rébellion ivoirienne Guillaume Soro y a des attaches familiales. Un soldat burkinabè blessé pendant l'opération a été hospitalisé à Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire), a ditun militaire burkinabè à un journaliste de l'AFP à Korhogo. L'opération a toutefois connu un raté qui a abouti à l'arrestation du chef d'escadron de la gendarmerie de Kong (nord-est Côte d'Ivoire, village de la famille du président Alassane Ouattara), pour avoir communiqué à un civil des informations confidentielles au sujet de l'opération, selon des éléments de l'enquête. Ce qui a "sans doute" permis à certains jihadistes de s'enfuir, selon une source sécuritaire. La présence d'éléments jihadistes au nord du parc national de la Comoé avait été détecté depuis plus d'un an. Selon des sources sécuritaires, il s'agissait de jihadistes opérant au Burkina, qui venaient chercher refuge du côté ivoirien de la frontière. Le Burkina fait face à des attaques jihadistes qui ont fait près de 900 morts depuis 2015. La Côte d'Ivoire a été touchée le 13 mars 2016 par une attaque jihadiste : des assaillants avaient ouvert le feu sur la plage dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, près d'Abidjan, faisant 19 morts. Les autorités ont affirmé avoir déjoué plusieurs tentatives depuis. Plusieurs attaques jihadistes ont eu lieu près de la frontière mais côté burkinabè, jamais côté ivoirien. La zone frontalière ainsi que la zone nord-est de la Côte d'Ivoire sont déconseillées au voyageurs par le ministère français des Affaires étrangères. pgf-de-ab-ao/jpc

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