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défense industrie transport aviation parlement France Allemagne,PREV 12 February 2020 - 21:09

Le futur avion de combat franco-allemand franchit une étape décisive (PAPIER GENERAL-ACTUALISATION) Par Mathieu FOULKES et Yacine LE FORESTIER =(Photo Archives)= ATTENTION - ajoute réaction ministre française des Armées au 15e paragraphe /// Berlin, 12 fév 2020 (AFP) - Les députés allemands ont validé mercredi le projet du futur avion de combat européen, censé remplacer à terme Rafale et Eurofighter et donner une nouvelle dynamique à l'Europe de la défense, mais avec certaines conditions. Au terme de plusieurs mois de rivalités politico-industrielles entre l'Allemagne et la France, les membres de la commission du Budget du Bundestag ont donné leur aval au déblocage de 77 millions d'euros de crédits pour lancer la première grande étape du projet franco-allemand, auquel s'est joint l'Espagne. Les élus de la majorité - conservateurs et sociaux-démocrates- ont voté pour, de même que l'extrême droite. Ecologistes, extrême gauche ont voté contre. Cette manne doit permettre de financer, à parité entre la France et l'Allemagne, des études en vue de la construction d'ici 2026 d'un démonstrateur de l'avion de combat européen de nouvelle génération (dit NGF ou "New Generation Fighter"). Les montants en jeu sont certes limités par rapport à l'enveloppe globale du programme mais l'étape de mercredi était essentielle, un vote négatif risquant de tout remettre en cause. - Réticences - Selon plusieurs sources parlementaires interrogées par l'AFP, le dispositif suscite toutefois des réticences. "Nous allons le faire car nous ne voulons pas détériorer les relations franco-allemandes, et ce juste avant la venue du président français Emmanuel Macron ce week-end en Allemagne pour la Conférence sur la sécurité de Munich", a expliqué à l'AFP avant le vote le rapporteur du projet à la commission du Budget, Rainer Brandl. Mais les élus allemands, qui depuis le début craignent que les partenaires industriels français soient trop dominateurs dans le projet, ont posé des conditions. Ils veulent en particulier qu'un autre projet militaire franco-allemand d'envergure, le programme de char MGCS (Main Ground Combat System), dont les Allemands doivent être chefs de file, progresse au même rythme que celui de l'avion du futur. Les deux projets doivent avancer "en parallèle", indique une résolution également votée mercredi sur le sujet. "Le programme de l'avion de chasse, piloté par les Français, progresse vite, alors que celui du char est à la traîne", a décrypté auprès de l'AFP un parlementaire allemand sous couvert de l'anonymat. En cause notamment: les difficultés des industriels allemands du secteur de l'armement à se mettre d'accord entre eux sur la répartition du "gâteau". Les députés ont aussi demandé des garanties pour que les intérêts des entreprises allemandes du secteur technologies soient mieux pris en compte dans le développement du projet. L'avion, qui doit entrer en action vers 2040, est la pièce maîtresse du programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) associant en outre des drones et de futurs missiles de croisière. Le vote positif ouvre la voie à la notification des contrats aux industriels impliqués dans le projet, notamment Dassault, Airbus ou encore Thales. Et relance un programme qui patinait. - "Voyants au vert" - La ministre française des Armées, Florence Parly, s'est félicité du passage de cette "étape cruciale". "Les voyants sont au vert pour développer un prototype d'avion de combat qui volera en 2026", a affirmé sur Twitter la ministre qui avait mis la pression le 5 février à Strasbourg sur les parlementaires allemands. Paris et Berlin ont la "responsabilité" de "construire cette Europe de la Défense", avait-elle lancé, en soulignant que le vote des députés du Bundestag enverrait un "signal politique fort". "Une coopération entre égaux ne veut pas dire une coopération sans pilote", avait-elle aussi mis en garde. Le projet avait déjà franchi un obstacle en décembre avec l'accord trouvé entre les motoristes français Safran et allemand MTU sur la répartition industrielle des travaux de développement du moteur du futur avion. Dans une première phase, Safran serait pilote et MTU le principal partenaire avant la création "d'ici fin 2021" d'une société commune 50/50. Depuis la répartition des tâches entre Safran et MTU, plusieurs acteurs côté allemand, dont des membres du Bundestag, ont cherché à revenir en leur faveur sur cet accord. "Derrière le nom barbare de +SCAF+ se cache le projet qui conditionne le futur de l'aéronautique de combat française et européenne, ainsi que l'affirmation d'une politique de défense pour renforcer la sécurité du continent", soulignait récemment Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales stratégiques (Iris). Le sujet devrait être abordé samedi à Munich par M. Macron, qui vient de proposer que les Européens, Allemagne notamment, soient associés à la force de dissuasion nucléaire française, en participant par exemple à des exercices. mat-ylf/mra/tq/alb AIRBUS GROUP DASSAULT AVIATION SAFRAN THALES

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